Pour votre gouverne, voici un pot-pourri des situations auxquelles j'ai pu être confrontées dans la dure réalité de la vie anglo-saxonne et auxquelles nous ne sommes guère préparés par nos cours d’anglais du collège et lycée pourtant à la pointe (pointe de quoi, ça...).

  • Le tout premier choc des langues (pourquoi diantre cette expression ne sonne-t-elle pas totalement comme elle devrait…) se fit dans l’avion. La déblatération irlando-anglo-joviale du pilote (si les conseils de sécurité avaient eu une réelle chance de me sauver - en cas de crash, j’aurais eu 9/10 de probabilité de mourir), et les questions à moitié avalées des stewards et stewardesses, autant vous dire que j’y étais pas rôdée. Mon conseil : enfermée dans un engin du diable, emportant avec lui au décollage la certes infime mais non nulle chance de s’écraser, j’avais autre chose à faire que d’essayer de suivre les conseils de sécurité et les prévisions météorologiques du pilote (t’façon mes bagages è sont dans la soute, alors quèque ça change que tu m’dises qu’y fait beau où que j’arrive puisque chuis en pull-over !!). Au risque de vous décevoir je n’ai donc pas de conseil.

  • Votre deuxième expérience en ordre logique d'arrivée, est le chauffeur de taxi. Il peut, au choix, commencer à vous déblatérer des trucs pensant que vous êtes irlandaise (ce qui est arrivé à une amie) ou tenter d'entamer la conversation en vous posant une question que vous ne comprenez pas. En l'occurrence, j'étais sur le départ, fatiguée de ma journée à ranger/nettoyer/attendre et stressée de prendre l'avion : pas les meilleures conditions donc pour avoir envie de babiller en anglais. Mon conseil : taisez-vous et regardez le paysage (de nuit, c'est super ces p'tits raccourcis dans la cambrousse avec un talus de chaque côté !).
  • Ma deuxième confrontation à moi a été celle avec... l’autochtone. Comme je l’ai déjà dit, Laurie (mon autochtone number one personnelle :)) a un accent et une diction limpides, ce qui facilite –et pas qu’un peu- la communication. Si vraiment votre cas est désespéré, mon conseil : adoptez le regard éloquent de celui qui pige quedal et tentez grâce à lui (plus un petit "sorry ?") de faire répéter lentement la personne. Si ce sont les mots eux-mêmes que vous ne comprenez pas, à part le dico ou l’amie qui parle bien la langue à portée de main, je vois pas de solution miracle…

  • Mon troisième face-à-face, et premier réel challenge a été : l’artisan du coin. Ce dublinois pure souche, venu réparer qui la plomberie, qui la télé, qui l’alarme… pensant s’adresser à un compatriote. RIEN ne peut vous préparer à l’accent dublinois spontané. Si seuls ceux qui ont vu la mort en face peuvent se targuer de la connaître, seuls ceux qui ont affronté notre technicien du câble peuvent se vanter de survivre à l’accent dublinois. Figurez-vous que la deuxième fois qu’il est venu, j’ai bien eu l’impression qu’il faisait un effort de prononciation (il m’avait reconnue c’est sûr, je suis inoubliable) ou alors, alléluia, j’ai progressé entre temps. Mon conseil : dites « sorry ? » avec un grand sourire et l’air perdu, voire, attendrissant sans être aguicheur si vous maîtrisez bien vos sourcils. A la troisième tentative, vous avez droit à une version presque compréhensible de la phrase de départ. Quand le gars commence à vous parler sur un ton interrogatif en pointant du doigt les fils électriques, c'est le moment de : hausser les épaules, ouvrir les mains paumes tendues vers lui (position dites du « ceci est un hold-up »), prendre un air affolé (vous n'en ferez jamais trop dans cette circonstance !!) et secouer la tête de gauche à droite en signe de reddition. Croyez-moi, la fuite est le plus sûr moyen, car sinon vous devrez… répondre. [Bon évidemment j'exagère... l'a bien fallu que je trouve une réponse sinon rien ne marcherait dans la maison !]

  • Un billet pour Enchanted s’il vous plaît. Ce devrait être la première phrase qu’on nous apprend !!! Pourtant, si vous allez au cinéma, vous aurez cet instant de flottement : ticket ? place ? One ticket ? A ticket ? Shit ! J’ai opté pour « one ticket for Enchanted please ». Conseil : Premièrement, évitez tant que faire se peut le mot "enchanted" dans le titre du film. Secondement : j’avais tout prévu, sauf la rafale de questions qui a suivi ma demande. J’ai répondu au pif total, déduisant, grâce à mon sens aigu de l’analyse, qu’il s’assurait tout bêtement que je n’étais pas étudiante et que j’avais plus de 16 ans (crétin). A ce stade je me demande : soit je ne parle pas assez pour faire se rendre compte mon interlocuteur que je suis française (ou du moins étrangère), soit mon accent est si parfait que ça ne s’entend pas, soit les dublinois sont sadiques.

  • Dans notre merveilleux monde de haute technologie, chacun et chacune a déjà eu l'inestimable et inégalable bonheur de joindre une hotline. En y réfléchissant bien (ça fait 2 mois que chuis sur ce post, c'est dire si j'y ai réfléchi), la différence entre les hotlines françaises et les hotlines irlandaises n'est pas si grande. En fin de compte, quitte à avoir un mec qui parle avec un accent anglais de meeeerde et ben c'est pas plus mal qu'il parle directement anglais ! Entre un indien qui me baragouine du français comme s'il lisait son texte (mais ne lit-il pas véritablement sur un papier en fait ?) et un irlandais avec un accent plutôt plat et une bonne diction, le choix est pas si évident.