The_Nanny_DiariesA me sentir si bien dans ce petit pays, si à l'aise dans cette maison cosy, si intégrée dans cette petite famille pas compliquée et attachante, j'en oublie de vous dire comment c'est concrètement, d'être au pair.

Aux mauvaises langues qui pensaient (les langues pensent-elles d'ailleurs ?) que je détestais les enfants et que logiquement je ne pourrais pas m'en occuper je dis : même pas vrai. Détestez les gosses et les bébés lambda et ne pas vouloir procréer c'est une chose, se voir confier la responsabilité de deux enfants qui ne sont pas à vous, ç'en est une autre.

J'ai découvert premièrement que les enfants, c'est un peu comme des montagnes russes à émotions. Ca vous fait passer par des extrêmes à une vitesse et avec une irrégularité ahurissantes. Des chouinements, vous avez envie de les tuer, un calin enthousiaste et vous les adorez.

Mes deux terreurs à moi s'appellent Cillian et Alicia (du moins pour VOUS). Deux petites bouilles d'irlandais pures souches issues d'une famille pourtant 1/4 française, 1/4 irlandaise, 1/2 anglaises. Deux enfants qui, malgré leurs origines variées, sont baignés dans une culture et des habitudes 100% irlandaises. Seule trace de leur quart de sang français : quelques mots qu'ils connaissent (les couleurs, compter jusqu'à 10, quelques rudiments de politesse). Un de mes rôles (celui que j'aime le plus d'ailleurs), est de leur apprendre un peu de français. Pour faire entrer "s'il te plaît" et "merci", je les oblige à me dire ces deux choses-là en français : vous n'imaginez pas comme c'est mignon tous ces petits si to plè et ses "r" râpés comme ils peuvent ! Je ne me lasse pas de les entendre prononcer mon prénom (Caroline) à la française en s'appliquant à râcler le "ro" le plus possible. Les origines germaniques de mon prénom m'apparaîssent alors sous un autre jour !!!

Le mythe de l'au pair réduite en esclavage, exploitée, privée de vie, de contact social, enfermée dans la maison à faire le ménage, la bouffe et la boniche pour les gamins : trop peu pour moi. Sans parler de ce cliché sur les pensées lubriques du père de famille, que j'ai évité tout bêtement en cherchant une mère célibataire ! Ma vie est tout ce qu'il y a d'agréable, et je mène une existence en Irlande, fort probablement moins contraignante que la vôtre, vous qui me lisez (et cela me remplit de joie). Le rôle d'une au pair en fin de compte, est surtout d'être là. A disposition. Pour les situations où on se dit "qu'est-ce qu'on fait des enfants ?"

Voilà comment je pourrais résumer mes 2 journées types :

  • Quand Laurie travaille : je me lève avec elle, et m'occupe d'habiller les enfants tandis qu'elle se douche, puis je petit-déjeune avec eux (autant pour aider que pour être au complet "en famille"). Elle accompagne les enfants à l'école, je profite de la matinée pour m'occuper un peu de la maison selon les besoins. Rien d'extraordinaire... les tâches sont simples : vider le lave-vaisselle (3 minutes), sortir la poubelle (3 minutes), étendre le linge (10 minutes), passer l'aspirateur (45 minutes parce que je fais ça bien) OU faire la poussière (45 minutes) OU repasser (30-45 minutes) OU passer la serpillère et laver les parquets (30 minutes). En Irlande, l'école finit tôt, les enfants finissent à 12h30 et 13h15, ce sont de gentilles mamans qui les raccompagnent à la maison (quand ils ne vont pas jouer avant chez un petit camarade). Je les fais manger et je les occupe le reste de la journée. A 18h nous dînons (non, vous ne rêvez pas, je reviendrai sur les horaires de repas, ils méritent un post rien qu'à eux), puis c'est l'heure du bain (je sens alors la présence de Nicolas Hulot et ne remplit la baignoire qu'avec de quoi faire baigner leur popotin) et du brossage de dents (là, Nicolas Hulot s'évanouissait. Depuis, j'ai fait la leçon "il y a des pays où les enfants n'ont pas d'eau alors vous ne gaspillez pas en partant jouer pendant que l'eau coule" - l'éducation écologique c'est maintenant ou jamais) et je les mets enfin au lit après une histoire (et c'est le moment où je me marre bien pour lire proprement... si si vous savez, avec des voix différentes, le ton, etc.)

  • Quand Laurie est là : je fais également quelques tâches ménagères, et globalement je reste là pour lui permettre de faire ce qu'elle a besoin de faire. Elle veut emmener les enfants faire du vélo, très bien, le repas sera prêt à leur retour. Elle a une course à faire, elle peut, je suis là pour garder les enfants. Ce genre de choses. Et si elle n'a pas besoin de moi mais que je dois rester à la maison, j'ai mon ordinateur, internet, des livres, ma nintendo DS.

Bref, pour ce qui n'est pas lié aux enfants, j'en fais à peine plus que ce que je fais chez moi. Et les week-ends bien sûr je suis libre de dépenser mes 100€ d'argent de poche hebdomadaire. Mon petit train-train changera sûrement après Noël car je vais prendre des cours d'anglais pour passer le Cambridge.

Honnêtement, je ne sais pas si la vie de toutes les jeunes filles au pair ressemble à ça, mais pour ce que j'en vois autour de moi, ça n'est pas un calvaire. Bien sûr, j'ai la chance d'être tombée sur une maman super sympa et des gamins qui, s'ils ne sont pas des petits anges modèles, restent facilement gérables et intéressants. De plus, le fait que j'ai mon ordinateur portable et une connexion internet dans ma chambre me permet de rester en contact avec tout le monde comme si je n'étais jamais partie. Mais bon, de nos jours, tout le monde a internet...

D'ailleurs, je concluerai par une petite annonce : une famille du quartier (5 minutes de la maison où j'habite) cherche une au pair pour remplacer la sienne à partir de Février. Envoyez-moi un mail si vous connaissez quelqu'un pouvant être intéressé par 5 mois en Irlande. --> plus valable ! lol