Ma p'tite vie en Irlande

samedi 19 juillet 2008

Fléau de la mondialisation, la télé-poubelle

[Blog-note écrite il y a des mois, mais je ne pouvais me résoudre à la détruire. Avant de laisser ce blog mourir, voici donc un avant-dernier article rédigé de main de maître - qui a dit "ça va les chevilles" ??]

Armés de ma mauvaise foi légendaire, d'une zapette et d'un pouce agile, faisons un petit tour du côté de celles que nous regardons tous dans le secret de notre salon mais sur lesquelles nous crachons d'un air désapprobateur en société : les émissions TV de merde.

Je ne vous en parlerai pas par masochisme  (Règle de mauvaise foi n°1: sous-entendre la pénibilité de ce qui nous apporte en réalité beaucoup de plaisir coupable)  mais parce qu'il m'est apparu au fil de mes zappings du samedi soir, que les irlandais n'ont rien à nous envier concernant les jeux à la con, les télé-crochets pervers et autres reality-shows voyeuristes  (Règle de mauvaise foi n°2 : employer un vocabulaire grossier et excessif). Eux, en revanche, pourraient nous jalouser (Règle de mauvaise foi n°3 : ne pas hésiter à être chauvin - le chauvinisme étant une forme de mauvaise foi quasi-primale...), s'ils savaient qu'une série de 40 minutes est coupée en France par une seule page de pub (contre au moins 4 ici ! Honnêtement, je me demande comment ils supportent. Même avec l'habitude, être coupé toutes les 5 minutes, si c'est pratique pour les téléspectateurs souffrant d'un dérèglement de la vessie, ça casse bien le rythme aux autres) (si ça se trouve, ce n'est pas pareil sur toutes les chaînes, mais ça servait bien ma 3ème règle cette histoire).

Le plus triste dans cette contagion mondiale de nos chaînes de télé c’est que le virus mute en empirant (le plus souvent aux Etats-Unis ou dans les pays nordiques) et que la nouvelle souche se re-dissémine à chaque fois  (Règle de mauvaise foi n°4 : une petite métaphore hyperbolique est toujours bienvenue). Le sujet de mon article est plus de vous exposer les différentes émissions irlando-britanniques qui ont leurs pendants français que de faire une revue des émissions devenues inqualifiablement obscènes  (Règle de mauvaise foi n°5a : toujours abuser de l'exagération...). D'autant plus que les limites ont été franchies je crois, dans l'émission américaine où un groupe d'enfants était livré à lui-même ou dans celle, nordique, qui théâtralisait le don d'organe  (Règle de mauvaise foi n°5b : ...surtout si vous avez quelques exemples éloquents à donner).

Les quelques émissions auxquelles je vais faire référence ne sont bien sûr qu'une petite liste, certainement non exhaustive - mais je ne peux pas non plus passer ma vie à zapper sur les 20 premières chaînes, ça en deviendrait contraignant (Règle de mauvaise foi n°6 : toujours penser au petit mensonge comme porte de sortie).

La toute première émission sur laquelle je suis tombée, et qui m'en a fait tomber les bras est "The Crystal Maze". Au premier coup d'œil, vous pensez à Fort Boyard : des épreuves tordues dans un décor bizarre. Après de sérieuses investigations sur Wikipédia, il semble que le concept de Fort Boyard ait voulu être repris, mais sans le Fort, c'était un peu coton ! Alors oui... je bats ma coulpe... Je n'ai pas regardé assez longtemps pour constater les différents décors et thèmes de l'émission. A ma décharge : c'était du carton-pâte, et l'animateur est chauve (Wouhou Wouhou Alarme à second degré).

Si je vous dis : I'm a celebrity, get me out of here ! Vous me dites : Râââââhhh non pas çaaaaaaaa. J'en déduis donc que vous savez de quelle émission je parle. Gauloisement animée par Dechavanne et Carmouze sur un pont suspendu au milieu de la jungle, Je suis une célébrité sortez-moi de là ! n'a rien à envier à la version british. Là encore, je n'y ai pas passé des heures, mais laissez-moi me justifier. J'ai vu : 1. un pauvre gars enfermé dans une espèce d'aquarium vide avec des sortes de valves à ouvrir et d'où tombaient des choses très certainement innommables cachées dans de l'eau saumâtre  2. un barbu qui mangeait des OGNI (Objets Gluants Non-Identifiés) bleu métallique en vague forme de testicules. Vous comprendrez que j'ai pas jugé nécessaire d'explorer plus profondément ce programme ?

All stars family fortunes - le titre anglais de cette émission renvoie indirectement à la version française. Deux familles, des questions de rapidité, des conciliabules hyper-sérieux : Une famille en Or. Le "All Stars" est là pour la raison que les familles sont célèbres, contrairement à l'émission de départ "Family Fortunes" (cela dit,  pour un français, les familles irlandaises célèbres ou Monsieur Lambda, ça change pas grand chose...). Mais alors... THE BIG différence avec la version française : le présentateur est super mignon !! Si on oublie son prénom moyennement glamour, et qu'on retient qu'il a été mannequin, on comprend mieux :D

Sur la suivante émission, je n'ai pu humainement passer en tout et pour tout que 10 secondes. Assez pour constater que c'est aussi nul avec ou sans les pelotages câlins d'Arthur à ses candidats. Rien à dire sur Deal or no deal, ni sur A prendre ou à laisser d'ailleurs. (Et puis, l'émission est si populaire en Irlande que j'ai même pas trouvé d'info sur le net)

Strictly come dancing - Dancing Show. Il est vrai que la version française de cette émission n'a guère marqué les esprits, j'avoue pourtant avoir regardé avec intérêt et plaisir car j'ai toujours rêvé de faire de la danse de salon et je trouve toujours cela agréable à regarder.

Pour finir, je vous demanderais une minute de silence en déshonneur du défunt "êtes-vous plus intelligent qu'un enfant de 10 ans ?" et son malheureux présentateur. Are you smarter than a 10 year old ? semble avoir plus de succès que son homologue français, vous connaissez le principe, si non, pour le plaisir, voici de quoi vous faire comprendre (admirez le regard VIDE).

Posté par snewpette à 09:56 AM - - Commentaires [0] - Permalien [#]


mardi 8 avril 2008

Père Ted

L'humour anglosaxon a une sacrée réputation de par le monde, je découvre avec délectation qu'elle est loin d'être abusive.

Lorsque je suis arrivée à Dublin, j'avais demandé à Laurie de me parler de l'humour irlandais. Ce que j'avais principalement retenu dans sa description, c'était le style, privilégiant la vanne d'autrui trash à la Stéphane Guillon. Alors que Frédéric Martin est condamné pour avoir fait de l'humour noir sur celui qui était devenu une sorte de buzz marketing créé de toute pièce par la Star Academy, je m'inquiète sur les limites de l'humour français. Je suis un peu rassurée quand j'entends Anne Roumanoff déblatérer de délicieuses ignominies sur le président : le pouvoir en place n'est pas inattaquable.

L'autodérision et le politiquement incorrect sont les deux pièces maîtresses de l'humour des irlandais. Je sais pas vous, mais en ce qui m'opinionne, je trouve qu'envoyer Dustin la Dinde avec "Ireland Douze Pointe" (ils se foutraient de notre tronche que ça m'étonnerait pas !) à l'Eurovision, c'est tout simplement génial.
J'ai également découvert ici une série télé, qui à elle seule illustre beaucoup de choses. Cette série s'appelle Father Ted et c'est tout simplement jouissif. Vous trouverez sur le site internet un petit résumé de l'histoire, pour ceux qui ne parlent pas anglais je fais une petite explication vite fait. Father Ted, prêtre apparemment tout propre sur lui, a l'immense privilège et l'intense joie quotidienne de vivre sur l'île de Craggy Island (équivalent de notre Creuse profonde), avec pour compagnie :
- Father Jack Hackett, vieux prêtre libidineux imbibé d'alcool 24h sur 24h qui possède 4 mots de vocabulaire : Drink, Feck (dérivé de "Fuckk"), Arse (dérivé de "Asss"), Girls. Il aura cependant quelques minutes de sobriété qui donneront une réplique que je trouve culte "don't tell me i'm still on that feckin' island !!!!!"
- Father Dougal McGuire, tout jeune prêtre totalement benêt, il pratique l'art régulier de la remise en cause rationnelle de la religion. C'est donc un adepte des phrases du style "ça serait complètement stupide de croire que la Terre a été formée en 6 jours, hein Ted ?"
- Mrs Doyle est l'unique personnage féminin (qui pourtant n'éveille jamais les sens de Father Hackett, on se demande pourquoi), sa philosophie de vie se résume à cette question : Would you like a cup of tea Father ? Une réponse négative entraînant autant d'agressivement mielleux "go on" qu'il faudra pour convaindre la victime de s'abreuver de thé.
- Un évêque qui se complaît dans à peu près tous les pêchers,
- Un prêtre apparemment "hilarant" mais qui subira diverses morts subites consécutives à un appel téléphonique de Father Ted,
- Une communauté composée, en vrac, d'un couple d'épiciers dont les tentatives d'homicide volontaire mutuel se muent en gestes tendres à l'apparition de Father Ted, d'un pur fruit de la consanguinité de l'île, d'un incalculable nombre de vieilles grenouilles de bénitier prêtes à s'entretuer pour une tasse de thé, et de divers personnages aussi doux et attachants.

J'avoue, ç'en est presque cruel de ma part de vous en parler puisque ça n'a certainement jamais été diffusé en France et ne le sera probablement jamais. Mais j'ai savouré avec un tel plaisir les 3 saisons de Father Ted, que je ne pouvais pas taire leur existence !

Revenons toutefois à l'essentiel sur cette série : elle égratigne -et pas qu'un peu- l'Eglise. Alors moi, naïvement, j'aurais cru que c'était un sujet tellement sensible dans ce pays déchiré par la religion, que l'humour s'y attaquant serait régulé, voire carrément jugulé par l'Eglise elle-même. Or, Father Ted est une satire-plus-cynique-tu-meurs de la prêtrise dans son ensemble. Chaque épisode illustre le pire, y compris des sujets qui en France pourraient presque faire l'objet d'un procès, comme l'homophobie ou le racisme au sein de l'Eglise.
C'est un réel plaisir de voir un pays se moquer autant de lui-même. Ben oui, il existe en Irlande des zones rurales où le niveau d'éducation n'est malheureusement pas toujours élevé, en France on a les mêmes, sauf que les irlandais préfèrent en rire quand nous préférons les ignorer.

Quelques minutes durant, j'ai tenté d'imaginer une série de ce type dans le PAF. Puis j'ai pensé à nos séries courtes à nous, et seule "Plus Belle la Vie" m'est venue à l'esprit... Et finalement j'ai arrêté de penser parce que ça faisait mal.

Posté par snewpette à 09:03 AM - - Commentaires [3] - Permalien [#]

samedi 22 mars 2008

Taxi 5

J'avais écrit ce post il y a plusieurs mois, il faut maintenant que je m'en débarrasse d'une manière ou d'une autre. Ne me résolvant pas à détruire ma prose, je vous la fais subir. Ne me remerciez pas.

Il y a des motifs que l'on peut considérer comme recevables pour se mettre la rate au court-bouillon ; passer un exam, se faire opérer, être amoureux, ou même soutenir le PSG. Mais tout ça n'est pas très original. J'ai donc décider d'innover en créant... l'angoisse du taxi.

Réserver un taxi, c'est pas bien bien compliqué me direz-vous-pleins-de-bon-sens. Pourtant, il suffit d'un cheveu de paranoïa, d'un soupçon de méfiance en soi et d'un brin de stress pour tourner le coup de téléphone en épreuve de force. Je pourrais passer pour une détraquée si je n'oubliais pas l'essentiel : l'anglais.

M'y voilà donc ; mon combiné téléphonique dans une main moite, la carte du taxi dans l'autre main non moins moite (c'est drôle à dire ça hein ?), piétinant méthodiquement la moquette d'un bout à l'autre de la pièce, et tentant veinement de respirer simultanément par le nez, la bouche et les oreilles. Après un dernier effort surhumain de volonté, je compose le numéro, deux sonneries (en France, une sonnerie fait "tuuuut" en Irlande, elle fait "tuut tuut") puis une voix de femme me répond.

Trou noir.

Et voilà c'est fait ! Je ne sais plus très bien ce que j'ai dit, mais visiblement assez pour réserver un taxi. Le monde étant cruel, et l'anecdote pour le moment sans aucun intérêt (je préfère le dire avant vous), j'ai le plaisir de vous annoncer que j'avais pourtant fait une boulette.

Je m'en vais donc sereine continuer ma semaine. Le jour J-1 arrive. Puis la nuit. Je mets mon réveil à 8h30, pour avoir le temps de ranger la maison et faire mon sac avant de partir, le taxi est prévu à 16 heures le lendemain. 3 heures du matin, la petite famille part pour un vol matinal, je continue ma nuit. Avec malgré tout la sensation curieuse d'avoir été réveillée par une sonnette. Je me rendors, persuadée d'avoir rêvé.

8h, réveil, zieutage de l'heure sur mon portable avec un oeil plus fermé qu'ouvert, et là : 7 appels en absence + 1 message vocal. ... ?!!?? En moins d'une seconde, j'ai les yeux grand ouverts, je me dresse raide comme un piquet, et j'ai les pires pensées qui vulgurent dans ma tête, la TOP 1 étant "quelqu'un est mort" (auquel cas ç'aurait pas été très sport de me le dire sur répondeur quand même).

C'était encore pire. Mon taxi est bien venu à 4 heures...... mais du matin, et il fallait maintenant que je rappelle pour qu'ils m'en envoient un à 16h... Et ben figurez-vous que j'ai nettement moins tergiversé que la première fois pour passer le coup de téléphone.

Moralité : quand vous réservez un taxi dans un pays anglophone, n'oubliez pas de préciser AM ou PM quand vous donnez l'heure...

Posté par snewpette à 01:42 PM - - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 17 mars 2008

A Dublin Sans Patrick

Et ben voilà, j'ai réussi mon coup, j'ai loupé la Saint Patrick en rentrant pourtant à la maison le 17 mars tout pile.

J'ai loupé de manière si idiote... que ça vaut pas le coup de détailler, je vais le faire en sténo : levée 6h30, aéroports, taxi, maison, montage de valise, pas de trains pour Dublin selon site internet, vidage de valise, réveillage que "y en a peut-être quand même des trains", décidage de vérifier moi-même, marche à pied, loupage de train à 30 secondes, mal au dos, fatigue, flemme naissante, prochain train dans 30 minutes, parade de St Patrick sûrement finie, flemme adolescente, questionnement "y a quoi d'autre déjà à voir ?", flemme de taille adulte, retour maison, bras ballants, envie de me donner des baffes, même pas la force.

Lamentable hein ?

Enfin bon, l'essentiel c'est que je sois rentrée après 10 jours en France qui se sont mués en 4 semaines parce que j'ai fait une bêtise... j'ai pas vérifié la date de validité de ma carte d'identité... Oui bon ça va. Si l'idée que j'ai fait exprès pour rester plus longtemps en France vous vient, sachez que ma tête en l'air m'a coûté :

- 10 ans de vie en moins en culpabilité de laisser Laurie toute seule avec les enfants, sans personne pour s'en occuper quand elle travaille,
- 5 ans en stress pour cause de "quand est-ce que mon passeport sera prêt puta******n ? Flemmards à l'esprit rigide de fonctionnaires de m****",
- 5 ans en stress toujours, pour cause de tentative de déplacement d'examen du Cambridge,
- 5 ans enfin une fois mon Cambridge déplacé en France (bah ouais, du coup je me sentais pas prête)
- Je devrais donc mourir à 55 ans au lieu de 80
- au milieu de tout, la Sécu qui vient m'emmerder et qui s'évertue à ne pas vouloir régler ma situation,
- et je ne ferai pas le détail du coût financier (billets d'avion, cours d'anglais sur Paris, Cambridge plus cher en France et seulement partiellement remboursé en Irlande...)

Vous y croyez maintenant à ma totale innoncence dans l'histoire (certes, je suis coupable de négligeance, ça je ne le nie pas) ?

Et puis dans tout ça, mes deux petits irish me manquaient, je ne sais même pas encore comment ce sont passées leurs vacances de février, que les voilà de nouveau en vacances de Pâques. J'ai hâte qu'ils rentrent !!

Posté par snewpette à 06:09 PM - - Commentaires [1] - Permalien [#]